Courir après soi
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Courir après soi

Reportage

Chaque année, le populaire Triathlon de Lausanne rassemble des centaines d’athlètes de tout niveau qui se mesurent à l’eau, au braquet, enfin à la foulée. A la froide précision du reportage sportif, j’ai préféré guetter la flamme humaine qui, dans les replis de ce temps compressé par la sueur, diffusait sa fragile chaleur. Concourir, c’est aussi un partage.

On ne court jamais seul. A l’horizon de toute foulée: le soi qu’on aimerait dépasser, pour devenir autre. Alors on s’emballe, de Néoprène et d’ambitions, avant de vouer ce qu’on était à la sainte trinité de l’effort chronométré. Le bitume bleu comme l’eau grise. Paysage fluide de corps dépliés. Muscles contractés ainsi qu’une manie sérieuse. Le lac est de sueur, le ciel de drôle d’humeur. La douleur roule dans notre roue, sèche l’âme jusqu’à la ligne. Où l’on retrouve celui que l’on croyait avoir semé, qui patiemment nous attendait.

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